Sam Zaenker

Animal d’automne : quand la saison nourrit mon inspiration

Je crois que la créativité a ses saisons. Comme un arbre qui change avec le temps, j’ai des périodes où je m’élance, d’autres où je me recroqueville, certaines où je semble endormie, mais en réalité je prépare autre chose.

L’été, par exemple, m’épuise. Je ne vais pas mentir, c’est la saison que j’aime le moins. La chaleur me colle à la peau, m’alourdit, m’assomme. J’ai l’impression que mon énergie se dissout dans l’air brûlant. J’écris moins, ou du moins j’écris plus difficilement. Comme si chaque phrase demandait un effort surhumain. Et puis c’est la période des vacances, alors moi aussi je ralentis mon rythme.

Puis vient l’automne. Et là, je revis.

La pluie, la grisaille, les pulls doux et les boissons chaudes. L’air devient plus léger, plus respirable. Mon corps se détend, ma tête s’éclaircit. Et avec ce retour du calme, mon imagination se remet à travailler. Les idées affluent. Je retrouve le goût d’entrer dans mes histoires, de rester longtemps devant mon écran, d’habiter pleinement mes mots.

Je suis née en automne, et je crois que c’est la raison pour laquelle c’est ma saison. J’ai besoin de cette ambiance feutrée, de cette lumière plus douce, de ce ralentissement qui ressemble à une invitation à écrire.

Et puis il y a l’hiver. Pour moi, c’est une saison de gestation mais aussi sans doute la saison où je suis la plus active avec le printemps. Je lis beaucoup, je note, je rêve mes projets à venir. Le changement d’année me motive toujours pour mettre en route les changements que j’ai longuement mûris. Je travaille manière plus concentrée, plus efficace.

Le printemps, lui, est une promesse. On rouvre les fenêtres, on respire mieux. On nettoie tout dans la maison, et on fait de la place pour le nouveau. J’ai sorti La Mère de Sang fin mars 2025. Et je pense sortir mon prochain roman à la même période.

Et ainsi de suite. Comme si chaque saison avait sa fonction, son rôle dans ma vie créative.

J’ai longtemps pensé que je devais être constante, produire toujours avec la même intensité, quel que soit le moment de l’année. Aujourd’hui, je comprends que ce n’est pas vrai. Que la créativité, comme la nature, a ses cycles. Et que les respecter, ce n’est pas se limiter, c’est se donner le droit de respirer autrement, de respecter aussi son propre rythme, et celui de son corps.

Alors oui, je suis un animal d’automne. Mais j’accueille aussi les autres saisons. Parce qu’au fond, elles m’apprennent toutes quelque chose. Et qu’elle sont un passage nécessaire dans le cycle de toute vie.

À très bientôt, 

Votre Sam 🖋️

Photo de Aaron Burden sur Unsplash