Sam Zaenker
  • Pourquoi je ne parle pas de tout.

    On me demande parfois si je dis « vraiment » tout. La réponse est non, bien entendu. Mais pourquoi certaines choses restent-elles hors champ ? Pourquoi je ne raconte pas davantage, pourquoi je ne détaille pas, pourquoi je ne “partage” pas plus. La question est rarement agressive. Elle est souvent teintée de curiosité, parfois même d’une forme d’attente affectueuse. Comme si parler de tout était la preuve ultime de la sincérité. Mais j’ai appris une chose avec le temps : tout dire n’est pas dire vrai. Il existe une confusion tenace entre transparence et justesse. Entre exposition et profondeur. Entre sincérité et mise à nu. Je parle beaucoup, pourtant. J’écris. Je…

  • Ce que je protège pour pouvoir écrire

    Écrire n’est pas qu’une affaire d’inspiration. C’est une affaire de protection. Il y a des choses que j’ai appris à défendre, parfois maladroitement, parfois tard. Du temps. Du silence. Une certaine solitude choisie. Oh que oui ! J’ai appris à dire non. À des sollicitations qui dispersent. À des urgences qui n’en sont pas. À des attentes qui n’ont rien à voir avec mon travail. Même si ça froisse, si ça déplait. Je protège des plages de vide. Des semaines sans obligation. Des jours où rien ne “sert à quelque chose”, sauf écrire. Je protège aussi une exigence. Celle de ne pas produire pour produire. De ne pas publier…

  • Le temps long comme choix politique

    Tout pousse à aller vite. Publier vite. Réagir vite. Produire vite. Être visible, constant, présent ; immédiatement. Le temps long est devenu suspect. Presque une faute. Écrire lentement, aujourd’hui, c’est choisir à contre-courant. C’est accepter de ne pas répondre tout de suite. De laisser un texte mûrir hors du regard. De travailler sans preuve immédiate. Je revendique ce temps-là. Pas par nostalgie. Par nécessité. Certaines phrases ont besoin de silence. Certains projets demandent des mois de latence avant de prendre forme. Certaines idées meurent si on les expose trop tôt. Le temps long n’est pas une fuite. C’est une méthode. Une éthique. Une rebellion. Lire lentement. Écrire lentement. Penser…

  •  Écrire quand ce n’est pas confortable

    Il y a des scènes qu’on évite. Des phrases qu’on contourne. Des zones entières du texte où quelque chose résiste et où l’on préfère ne pas insister. Pas par paresse. Par instinct de survie. Écrire, parfois, gratte là où ça brûle encore. Et personne n’a envie de s’infliger ça volontairement. Mais avec le temps, j’ai appris à reconnaître ces endroits précis où le texte devient inconfortable. Ce sont presque toujours les bons. Là où la langue hésite. Là où la phrase se casse. Là où l’on a envie d’embellir, d’arrondir, de mentir un peu pour que ça passe mieux. C’est souvent là que le texte demande autre chose. Plus…

  • Reprendre le fil après une pause

    Il y a toujours un moment, après la pause, où l’écriture semble nous regarder de loin. Pas hostile. Pas fâchée. Juste… distante. Le carnet est là, pourtant. Le fichier aussi. Mais le geste paraît soudain disproportionné, comme si reprendre demandait une énergie qu’on n’a pas encore retrouvée. Alors on tergiverse. On se dit qu’on reprendra demain. Ou lundi prochain. Ou quand “ça reviendra”. La vérité, c’est que ça ne revient pas tout seul. Reprendre le fil, ce n’est pas retrouver l’élan intact. C’est accepter qu’il soit plus fin, plus fragile, un peu effiloché. C’est rouvrir un texte sans attendre l’enthousiasme. Relire une phrase. En écrire une autre. Pas mieux.…

  • 2026, à hauteur d’écriture : ça commence ici

    L’année 2026 arrive sans fracas. Elle arrive ce soir. Je la sens déjà là, à hauteur de table, à hauteur de phrase. Pas comme une promesse abstraite, mais comme un espace à habiter. Ce que j’attends d’elle est simple, et exigeant : j’attends d’écrire. Vraiment. Pas seulement produire des mots, mais entrer plus loin dans mes textes, m’y perdre, m’y tenir. Aller au bout des scènes. Ne plus reculer quand ça devient inconfortable, et ça s’est produit déjà une ou deux fois en 2025. Laisser les personnages me contredire. Leur laisser le dernier mot quand il le faut. J’attends une écriture plus libre. Moins soucieuse de plaire, plus fidèle…

  • Ce que 2025 n’a pas réussi à me prendre

    Chaque année laisse des traces. Des cicatrices qu’on ne montre pas, des épuisements qu’on devine, des rêves qu’on a dû remettre sur une étagère un peu trop haute. On se dit que c’est le jeu, que le temps use, que la vie secoue, que personne n’en sort indemne. Et c’est vrai. Mais l’année n’a pas tout pris. Elle n’a jamais ce pouvoir-là. Il y a d’abord ce qui a résisté sans faire de bruit : une part de soi qui a refusé de se courber, même quand l’élan manquait. Cette petite braise intérieure qu’aucune fatigue, aucun blizzard n’a réussi à étouffer, et qui continue de dire : encore. Il y…

  • Les mondes que l’on porte sous nos manteaux

    Vous avez remarqué ? L’hiver a cette capacité étrange à rendre les gens plus opaques. Dans les rues, chacun avance emmitouflé, enveloppé dans un manteau qui protège autant qu’il cache. Mais sous cette épaisseur, il y a toujours un autre monde. Un monde intérieur, discret, intact, qui ne se voit pas, mais qui tient chaud de l’intérieur. Les manteaux ne couvrent pas seulement les corps : ils recouvrent les histoires en cours, les blessures qu’on soigne, les rêves qui résistent, les idées qui mijotent. Chacun avance avec son paysage secret, une sorte de territoire intérieur qui n’appartient qu’à lui. Il y a ceux qui portent sous leur manteau une…

  • L’amitié comme une lampe

    Il existe des amitiés qui ne cherchent pas à rassurer, ni à caresser dans le sens du poil. Des amitiés qui ne sont pas douces comme des couvertures, mais franches comme de la lumière crue. Ma relation avec Laetitia fait partie de celles-là. Leti est solaire, sociale, expansive, là où d’autres reculent d’un pas, elle avance de deux. Elle observe avec une précision déconcertante, rit franchement, parle net, et possède cette qualité rare : mêler douceur et honnêteté. C’est peut-être pour ça que cette amitié dure : elle ne se contente pas de réconforter, elle pousse aussi, sans ménagement, quand c’est nécessaire. Depuis des années, il y a ce…

  • Café Classique prend part au Podcasthon 2026

    🎧🌍 Rejoignez le mouvement ! Cette année, je suis fière de participer au Podcasthon, le plus grand événement caritatif de podcasts au monde ! 💪  Je consacrerai un épisode de mon podcast pour soutenir une association caritative et une cause qui compte vraiment pour moi. ❤️ Restez à l’écoute pour un contenu inspirant – et faisons la différence ensemble ! Pour tout savoir sur le Podcasthon, c’est ici : 👉🏻 https://podcasthon.org/fr/about