Dans la gueule du texte : la menace douce
Ce n’est pas la colère qui fait peur. C’est ce qui se dit sans hausser la voix.
Ce texte m’a forcée à chercher la tension dans les non-dits, les phrases trop polies, les adieux qui grincent doucement sous la langue.
Une lettre. Une menace. Sans aucun mot violent.
Mais qu’on relit deux fois. Parce qu’elle laisse une ombre sur la peau.
Cher ami,
Sam Zaenker
Je t’écris tard. Tu sais que je préfère le silence du soir. Les mots y prennent une couleur plus sincère, plus calme.
Je n’ai rien oublié. Pas ton rire, ni ton parfum, ni ce que tu m’as pris.
Et je t’en remercie. Vraiment.
Ce genre de perte, ça transforme un être. Ça réveille des coins de l’âme qu’on pensait murés à jamais.
Tu as réveillé quelque chose en moi. Une attention nouvelle au monde.
Je regarde les gens différemment.
J’observe plus, je parle moins.
Et je comprends. Lentement, mais parfaitement.
Je te sais bien entouré, en ce moment. Tu brilles. Tu t’exposes. Tu recommences.
C’est beau, cette façon que tu as de tourner la page si vite.
Mais certaines pages résistent.
Tu ne me dois rien, bien sûr. Et je ne te dois plus rien non plus.
C’est ce que j’aime dans notre histoire : sa propreté clinique.
Je ne te souhaite aucun mal. Jamais.
Je veux juste que tu saches… que je suis encore là.
Quelque part entre tes silences et tes souvenirs.
Et que parfois, l’oubli est un luxe qu’on ne peut pas toujours s’offrir.
Prends soin de toi.
Vraiment.
J’ai longtemps cru que la violence devait être brutale.
Mais la vraie puissance, parfois, se cache dans une tournure trop douce, une formule trop bienveillante.
Ce texte m’a fait l’effet d’un poison au goût sucré.
Il m’a rappelé que la menace, quand elle s’habille de tendresse, devient inoubliable.
À très bientôt,
Votre Sam 🖋️