Sam Zaenker

 Écrire quand ce n’est pas confortable

Il y a des scènes qu’on évite. Des phrases qu’on contourne. Des zones entières du texte où quelque chose résiste et où l’on préfère ne pas insister. Pas par paresse. Par instinct de survie.

Écrire, parfois, gratte là où ça brûle encore. Et personne n’a envie de s’infliger ça volontairement. Mais avec le temps, j’ai appris à reconnaître ces endroits précis où le texte devient inconfortable. Ce sont presque toujours les bons. Là où la langue hésite. Là où la phrase se casse.

Là où l’on a envie d’embellir, d’arrondir, de mentir un peu pour que ça passe mieux. C’est souvent là que le texte demande autre chose. Plus de courage. Plus de lenteur. Moins de stratégie et plus d’obstination.

Écrire quand ce n’est pas confortable, ce n’est pas chercher la douleur. C’est refuser l’évitement. C’est rester avec la phrase ou le paragraphe jusqu’à ce qu’elle dise ce qu’elle doit dire, même si elle ne flatte personne, surtout pas son autrice.

Les textes qui comptent ne naissent pas du confort. Ils naissent de l’attention qu’on porte à ce qui dérange doucement, mais insiste.

À très bientôt, 

Votre Sam 🖋️

Photo de Karim MANJRA sur Unsplash