L’ambition féminine fait peur. Même aux femmes.
On tolère une femme passionnée. On admire une femme talentueuse. On encourage une femme courageuse. Mais une femme ambitieuse ?
Là, quelque chose se crispe. Parce que l’ambition n’est pas douce. Elle veut, avance, réclame.
On a appris aux femmes à désirer l’amour, la stabilité, la reconnaissance. Pas le pouvoir, ni l’argent, ni l’influence.
Quand une femme dit qu’elle veut réussir, vraiment réussir, pas juste “faire ce qu’elle aime”, elle doit aussitôt rassurer. Apaiser.
« Non mais je ne fais pas ça pour l’argent. »
« Non mais je reste humble. »
« Non mais je ne veux pas écraser qui que ce soit. »
Pourquoi faudrait-il s’excuser de vouloir grandir ? Pourquoi l’ambition féminine doit-elle toujours être enveloppée de vertu pour être socialement correcte ?
Un homme ambitieux est déterminé. Une femme ambitieuse est suspecte, froide, calculatrice, intense. Alors beaucoup d’entre nous apprennent à réduire leurs aspirations, à viser raisonnable.
Ne pas trop demander. Ne pas trop facturer. Ne pas déranger. On internalise la limite. Et parfois, le malaise ne vient pas de l’extérieur. Il vient de nous.
Cette petite voix qui murmure : Qui es-tu pour vouloir ça ? Est-ce que ce n’est pas un peu excessif ? Comme si le désir d’expansion était une faute.
Mais l’ambition n’est pas l’arrogance. C’est une énergie vitale, et le refus de rester à la taille qu’on nous a assignée. C’est vouloir que son travail compte. Que sa voix porte. Que son nom circule.
Ce n’est pas une trahison de la douceur, mais une extension de soi.
Oui, bien entendu, je veux que mon travail soit vu. Et oui, je veux qu’il soit rémunéré à sa valeur. Je veux laisser une trace. Et cela ne retire rien à ma féminité, à ma profondeur, ou à ma capacité d’aimer.
L’ambition a un corps, et je n’ai plus peur de la mienne.
À très bientôt,
Votre Sam 🖋️
Photo de Vitaly Gariev sur Unsplash