Lettre à toi qui confonds perfection et sincérité.
Tu réécris la même phrase vingt fois. Tu coupes. Tu reprends. Tu hésites sur un adjectif pendant une heure.
Tu veux bien faire. Tu veux que ce soit beau, fort, irréprochable.
Tu crois qu’il faut que ce soit parfait pour être vrai.
Mais si tu continues comme ça, tu vas étouffer ton texte dans son berceau.
Alors cette lettre, c’est un rappel. Une claque douce. Une vérité que j’ai appris à coups de ratés.
À toi qui pèses chaque mot comme s’il allait être gravé sur ta tombe,
Sam Zaenker
J’ai une mauvaise nouvelle : tu ne pourras jamais écrire quelque chose d’universel en essayant d’être parfait.
Tu n’es pas une machine à chef-d’œuvre. Tu es un humain. Un foutu sac de nerfs, de souvenirs, de colère et de beauté ratée.
Et c’est ça qu’on veut lire.
Pas la version polie de toi-même. Pas le vernis.
Mais la fêlure.
Écris comme si tu avais été renversé hier.
Écris comme si tu venais de perdre un ami.
Écris comme si tu ne devais jamais relire ce texte.
Laisse les tremblements dans les phrases. Laisse les hésitations. Laisse cette tournure bancale qui dit mieux que toutes les autres ce que tu n’oses pas nommer.
Tu veux que ton lecteur sente quelque chose ?
Alors arrête d’écrire comme si tu passais un examen.
La sincérité est moche parfois.
Mais elle a le goût du vrai.
Et dans ce monde de copies bien écrites et d’histoires sans tripes,
ce goût-là, ce sera ta voix.
À très bientôt,
Votre Sam 🖋️