Le temps long comme choix politique
Tout pousse à aller vite. Publier vite. Réagir vite. Produire vite. Être visible, constant, présent ; immédiatement. Le temps long est devenu suspect. Presque une faute. Écrire lentement, aujourd’hui, c’est choisir à contre-courant. C’est accepter de ne pas répondre tout de suite. De laisser un texte mûrir hors du regard. De travailler sans preuve immédiate. Je revendique ce temps-là. Pas par nostalgie. Par nécessité. Certaines phrases ont besoin de silence. Certains projets demandent des mois de latence avant de prendre forme. Certaines idées meurent si on les expose trop tôt. Le temps long n’est pas une fuite. C’est une méthode. Une éthique. Une rebellion. Lire lentement. Écrire lentement. Penser…
Écrire quand ce n’est pas confortable
Il y a des scènes qu’on évite. Des phrases qu’on contourne. Des zones entières du texte où quelque chose résiste et où l’on préfère ne pas insister. Pas par paresse. Par instinct de survie. Écrire, parfois, gratte là où ça brûle encore. Et personne n’a envie de s’infliger ça volontairement. Mais avec le temps, j’ai appris à reconnaître ces endroits précis où le texte devient inconfortable. Ce sont presque toujours les bons. Là où la langue hésite. Là où la phrase se casse. Là où l’on a envie d’embellir, d’arrondir, de mentir un peu pour que ça passe mieux. C’est souvent là que le texte demande autre chose. Plus…
Reprendre le fil après une pause
Il y a toujours un moment, après la pause, où l’écriture semble nous regarder de loin. Pas hostile. Pas fâchée. Juste… distante. Le carnet est là, pourtant. Le fichier aussi. Mais le geste paraît soudain disproportionné, comme si reprendre demandait une énergie qu’on n’a pas encore retrouvée. Alors on tergiverse. On se dit qu’on reprendra demain. Ou lundi prochain. Ou quand “ça reviendra”. La vérité, c’est que ça ne revient pas tout seul. Reprendre le fil, ce n’est pas retrouver l’élan intact. C’est accepter qu’il soit plus fin, plus fragile, un peu effiloché. C’est rouvrir un texte sans attendre l’enthousiasme. Relire une phrase. En écrire une autre. Pas mieux.…
2026, à hauteur d’écriture : ça commence ici
L’année 2026 arrive sans fracas. Elle arrive ce soir. Je la sens déjà là, à hauteur de table, à hauteur de phrase. Pas comme une promesse abstraite, mais comme un espace à habiter. Ce que j’attends d’elle est simple, et exigeant : j’attends d’écrire. Vraiment. Pas seulement produire des mots, mais entrer plus loin dans mes textes, m’y perdre, m’y tenir. Aller au bout des scènes. Ne plus reculer quand ça devient inconfortable, et ça s’est produit déjà une ou deux fois en 2025. Laisser les personnages me contredire. Leur laisser le dernier mot quand il le faut. J’attends une écriture plus libre. Moins soucieuse de plaire, plus fidèle…
Pourquoi j’aime créer et animer mon podcast
Quand j’ai lancé mon podcast, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Pour être honnête, je me suis demandé si quelqu’un écouterait vraiment. Et pendant plusieurs mois, en effet, je pense que les auditeurs se comptaient sur les doigts d’une main. Mais il y avait ce mélange d’excitation et de timidité, comme quand on parle à une salle vide en espérant que quelqu’un finira par entrer. Et puis j’ai découvert quelque chose de précieux : j’aime profondément être derrière ce micro. C’est difficile à expliquer. Ce n’est pas seulement une question de partager des histoires ou des lectures. C’est le fait de créer un espace intime. Un moment…