Sam Zaenker
  •  Écrire quand ce n’est pas confortable

    Il y a des scènes qu’on évite. Des phrases qu’on contourne. Des zones entières du texte où quelque chose résiste et où l’on préfère ne pas insister. Pas par paresse. Par instinct de survie. Écrire, parfois, gratte là où ça brûle encore. Et personne n’a envie de s’infliger ça volontairement. Mais avec le temps, j’ai appris à reconnaître ces endroits précis où le texte devient inconfortable. Ce sont presque toujours les bons. Là où la langue hésite. Là où la phrase se casse. Là où l’on a envie d’embellir, d’arrondir, de mentir un peu pour que ça passe mieux. C’est souvent là que le texte demande autre chose. Plus…

  • Reprendre le fil après une pause

    Il y a toujours un moment, après la pause, où l’écriture semble nous regarder de loin. Pas hostile. Pas fâchée. Juste… distante. Le carnet est là, pourtant. Le fichier aussi. Mais le geste paraît soudain disproportionné, comme si reprendre demandait une énergie qu’on n’a pas encore retrouvée. Alors on tergiverse. On se dit qu’on reprendra demain. Ou lundi prochain. Ou quand “ça reviendra”. La vérité, c’est que ça ne revient pas tout seul. Reprendre le fil, ce n’est pas retrouver l’élan intact. C’est accepter qu’il soit plus fin, plus fragile, un peu effiloché. C’est rouvrir un texte sans attendre l’enthousiasme. Relire une phrase. En écrire une autre. Pas mieux.…