Les mondes que l’on porte sous nos manteaux
Vous avez remarqué ? L’hiver a cette capacité étrange à rendre les gens plus opaques. Dans les rues, chacun avance emmitouflé, enveloppé dans un manteau qui protège autant qu’il cache. Mais sous cette épaisseur, il y a toujours un autre monde. Un monde intérieur, discret, intact, qui ne se voit pas, mais qui tient chaud de l’intérieur. Les manteaux ne couvrent pas seulement les corps : ils recouvrent les histoires en cours, les blessures qu’on soigne, les rêves qui résistent, les idées qui mijotent. Chacun avance avec son paysage secret, une sorte de territoire intérieur qui n’appartient qu’à lui. Il y a ceux qui portent sous leur manteau une…
L’amitié comme une lampe
Il existe des amitiés qui ne cherchent pas à rassurer, ni à caresser dans le sens du poil. Des amitiés qui ne sont pas douces comme des couvertures, mais franches comme de la lumière crue. Ma relation avec Laetitia fait partie de celles-là. Leti est solaire, sociale, expansive, là où d’autres reculent d’un pas, elle avance de deux. Elle observe avec une précision déconcertante, rit franchement, parle net, et possède cette qualité rare : mêler douceur et honnêteté. C’est peut-être pour ça que cette amitié dure : elle ne se contente pas de réconforter, elle pousse aussi, sans ménagement, quand c’est nécessaire. Depuis des années, il y a ce…
Les heures blanches
Il existe, au cœur de l’hiver, des heures qui ne ressemblent à aucune autre. Des heures où le monde s’éclaircit d’un coup, sans que le soleil y soit pour grand-chose. Une blancheur étrange, douce, presque sourde, qui s’installe entre le jour et la nuit comme un drap posé sur toutes choses. Dans ces moments-là, tout ralentit. Les voix deviennent plus discrètes, les gestes plus attentifs. On dirait que le froid oblige chacun à mesurer ses mouvements, à choisir ce qui compte vraiment. L’air semble plus épais, comme s’il fallait le traverser en douceur pour ne pas casser la lumière. Les heures blanches ne sont jamais tout à fait tranquilles.…