Lettre à toi qui crois que tout a déjà été écrit.
Tu lis les chefs-d’œuvre. Tu ouvres des livres comme on entre dans des cathédrales. Tu te tiens droit, petit, admiratif, et tu murmures : À quoi bon ? Tu vois les grandes phrases. Les styles parfaits. Les histoires qui touchent au divin. Et tu crois qu’il ne reste plus rien. Mais tu te trompes. Ce n’est pas la nouveauté qu’on cherche. C’est toi. Ta voix. Ton regard. Ce que tu es seul.e à porter. À toi qui baisses les yeux devant les géants,Tu crois que tout a été dit.Que chaque histoire d’amour a déjà été racontée.Chaque trahison. Chaque fuite. Chaque renaissance.Tu as raison.Mais tu oublies une chose : pas par toi.Aucun autre…
Lettre à toi qui confonds perfection et sincérité.
Tu réécris la même phrase vingt fois. Tu coupes. Tu reprends. Tu hésites sur un adjectif pendant une heure. Tu veux bien faire. Tu veux que ce soit beau, fort, irréprochable. Tu crois qu’il faut que ce soit parfait pour être vrai. Mais si tu continues comme ça, tu vas étouffer ton texte dans son berceau. Alors cette lettre, c’est un rappel. Une claque douce. Une vérité que j’ai appris à coups de ratés. À toi qui pèses chaque mot comme s’il allait être gravé sur ta tombe,J’ai une mauvaise nouvelle : tu ne pourras jamais écrire quelque chose d’universel en essayant d’être parfait.Tu n’es pas une machine à chef-d’œuvre.…