Sam Zaenker

Ce que je protège pour pouvoir écrire

Écrire n’est pas qu’une affaire d’inspiration. C’est une affaire de protection.

Il y a des choses que j’ai appris à défendre, parfois maladroitement, parfois tard. Du temps. Du silence. Une certaine solitude choisie. Oh que oui !

J’ai appris à dire non. À des sollicitations qui dispersent. À des urgences qui n’en sont pas. À des attentes qui n’ont rien à voir avec mon travail. Même si ça froisse, si ça déplait.

Je protège des plages de vide. Des semaines sans obligation. Des jours où rien ne “sert à quelque chose”, sauf écrire.

Je protège aussi une exigence. Celle de ne pas produire pour produire. De ne pas publier pour rassurer. Me rassurer. De ne pas trahir ce que je fais pour être plus visible. Garder mon éthique, là aussi, même si oui, on pourrait mieux faire, plus efficace, sans doute.

Écrire demande moins de courage que de constance. Et la constance se construit avec des limites.

Ce que je protège, ce n’est pas un confort. C’est une possibilité. Sans ces protections, mon écriture s’amenuise. Avec elles, elle respire. Elle déploie ses ailes. Et m’emporte avec elle.

À très bientôt, 

Votre Sam 🖋️

Photo de Alfred Leung sur Unsplash