Le bruit de la pluie sur les carreaux.
Il pleut depuis ce matin.
Pas la grosse pluie d’orage, non, celle qui s’installe doucement, sans prévenir, comme si elle voulait rester un moment. Les gouttes glissent le long des vitres, se croisent, se perdent. Et moi, je les regarde filer sans trop savoir à quoi je pense.
Le monde dehors s’est un peu effacé. Tout semble ralenti, feutré, comme s’il fallait chuchoter pour ne pas troubler quelque chose.
Je crois que j’aime ça : cette façon qu’a la pluie de mettre les gens à distance, de tout ramener à l’essentiel : une tasse chaude, une lampe allumée, le bruit du ciel sur le verre.
Quand j’étais petite, j’imaginais que les gouttes parlaient entre elles. Qu’elles se racontaient nos histoires.
Aujourd’hui encore, j’ai l’impression qu’elles savent quelque chose de nous. De nos fatigues, de nos silences, de ces petits bouts de tristesse qu’on garde bien pliés quelque part.
Il y a, dans ce son régulier, quelque chose qui rassure.
Un rythme qui dit : tu peux respirer, tu peux t’arrêter là. Parce qu’on respire toujours mieux quand le ciel pleure.
Et alors, tout devient simple : le temps, les gestes, même les pensées.
Je me dis que c’est peut-être ça, le vrai repos. Pas dormir, pas fuir, juste être là, tranquille, à regarder tomber la pluie sans rien vouloir changer.
Et dehors, le monde continue.
Mais ici, à l’abri, il y a ce moment suspendu, un peu de paix, un peu de silence, et le bruit doux des gouttes qui tapent comme des mots qu’on n’a pas besoin de dire.
Et pendant un instant, tout devient simple.
À très bientôt,
Votre Sam 🖋️
Photo de allison christine sur Unsplash