Sam Zaenker
  • Dans la gueule du texte : un duel sans verbe d’état

    Parfois, les mots les plus simples deviennent les plus paresseux. Être. Devenir. Rester. On les convoque comme des béquilles pour dire ce qu’on n’ose pas vraiment montrer. Alors ce défi m’a obligée à dégager les béquilles et marcher toute seule. À recréer le réel par les nerfs, le souffle, la chair. Aucun verbe d’état. Aucun raccourci. Juste deux anciens amants, face à face, dans l’instant suspendu d’un adieu qu’on n’arrive pas à faire proprement. L’odeur du café froid. La table encore encombrée. Une cuillère tremble dans une tasse oubliée.Il se lève, lentement. Règle la distance entre eux d’un pas sec.— Tu n’as pas répondu.Sa voix racle. Il n’y met rien. Aucun reproche.…

  • Parfois, écrire, c’est reprendre ce qu’on nous a arraché. Mot par mot.

    💬 Ce que ça m’a fait d’écrire ça J’ai tremblé. Pas pendant l’écriture. Après. Parce que ce n’est pas vraiment une fiction. Pas vraiment la réalité non plus.  Parce que j’ai tenté de dire l’indicible sans lyrisme inutile. Et parce que j’ai failli supprimer ce texte. Encore. Écrire cette scène, c’était comme retourner dans une maison en feu pour récupérer un bijou brisé : inutile, peut-être, mais nécessaire. Je l’ai écrite parce que je suis fatiguée qu’on me dise que “les mères font de leur mieux.” Certaines font de leur pire. Et apprennent à leurs filles de faire de même.  Et ça aussi, ça a le droit d’exister sur…