À ce stade, on a déjà abandonné, non ?
Fin février, le décor est clair. Les bonnes résolutions de janvier ont perdu leur éclat. Les agendas sont redevenus réalistes. Les promesses trop grandes se sont discrètement évaporées. Et c’est très bien ainsi.
Janvier est un mois de projection. Février, un mois de vérité.
On avait décidé d’écrire tous les jours. De se lever plus tôt. De changer radicalement de rythme, de vie, de version de soi. On y croyait sincèrement. Puis la réalité est revenue.
Le quotidien. La fatigue. Les priorités réelles, celles qui ne font pas de bruit.
À ce stade, beaucoup parlent d’échec. Je préfère parler d’ajustement. Abandonner une résolution n’est pas forcément renoncer. C’est parfois reconnaître qu’elle ne nous appartenait pas vraiment. Qu’elle répondait à une injonction collective plus qu’à un désir profond. Qu’elle était trop bruyante pour être durable.
Ce qui tient encore fin février mérite qu’on s’y attarde. Les gestes qu’on continue malgré l’absence d’enthousiasme. Les projets qu’on n’a pas lâchés, même sans motivation héroïque. Les habitudes modestes qui survivent sans promesse.
Ce sont elles, souvent, les vraies fondations. Je me méfie des résolutions spectaculaires. Je crois davantage aux décisions discrètes. Celles qu’on ne proclame pas. Celles qu’on applique sans témoin.
Écrire une phrase. Lire quelques pages. Continuer un projet, même sans l’annoncer partout.
Revenir, encore. Si quelque chose a été abandonné ces dernières semaines, ce n’est peut-être pas un échec. C’est peut-être juste un tri. Et si quelque chose tient encore, sans éclat mais sans renoncement, alors c’est probablement là qu’il faut rester.
Février n’est pas un mois de promesses. C’est un mois de sincérité. Et la sincérité, elle, ne demande pas de résolution. Elle demande seulement de continuer, à hauteur humaine.
À très bientôt,
Votre Sam 🖋️
Photo de Tim Mossholder sur Unsplash