La vie que je vis quand je ne dis rien.
Je l’ai déjà dit, je suis une maniaque des carnets, des journaux. Mais qu’est-ce que j’écris dedans ? Il y a d’abord la vie visible, celle qu’on raconte : les rendez-vous, les courses, les repas, les mots échangés pour remplir les heures. Et puis, surtout, il y a l’autre : celle qui se déroule sans bruit, à l’intérieur, comme un film qu’on regarde seul. C’est là que tout se passe vraiment. Pendant que le corps s’affaire, l’esprit vagabonde ailleurs : dans une phrase qu’on n’a pas dite, dans un souvenir qui insiste, dans un monde inventé pour tenir debout, dans des plans flous qui s’échafaudent, ou s’écroulent. La vie…
Changer sans bruit.
Il n’y a pas toujours de signe avant-coureur. Parfois, le changement commence sans prévenir, comme un lent déplacement du sol sous les pas. Rien de visible. Rien de spectaculaire. Juste une autre manière de respirer. Les grands bouleversements font du bruit ; les vrais, non. Ils se tissent dans les heures silencieuses, dans les gestes répétés, dans la fatigue qu’on ne commente plus. Un matin, on s’aperçoit qu’on ne pense plus tout à fait pareil, qu’un mot qu’on aimait s’est éteint, qu’une peur ancienne ne mord plus. Changer sans bruit, c’est laisser le temps travailler à notre place. C’est comprendre que l’identité ne se retourne pas d’un coup, mais…
Le bruit de la pluie sur les carreaux.
Il pleut depuis ce matin. Pas la grosse pluie d’orage, non, celle qui s’installe doucement, sans prévenir, comme si elle voulait rester un moment. Les gouttes glissent le long des vitres, se croisent, se perdent. Et moi, je les regarde filer sans trop savoir à quoi je pense. Le monde dehors s’est un peu effacé. Tout semble ralenti, feutré, comme s’il fallait chuchoter pour ne pas troubler quelque chose. Je crois que j’aime ça : cette façon qu’a la pluie de mettre les gens à distance, de tout ramener à l’essentiel : une tasse chaude, une lampe allumée, le bruit du ciel sur le verre. Quand j’étais petite, j’imaginais…
Animal d’automne : quand la saison nourrit mon inspiration
Je crois que la créativité a ses saisons. Comme un arbre qui change avec le temps, j’ai des périodes où je m’élance, d’autres où je me recroqueville, certaines où je semble endormie, mais en réalité je prépare autre chose. L’été, par exemple, m’épuise. Je ne vais pas mentir, c’est la saison que j’aime le moins. La chaleur me colle à la peau, m’alourdit, m’assomme. J’ai l’impression que mon énergie se dissout dans l’air brûlant. J’écris moins, ou du moins j’écris plus difficilement. Comme si chaque phrase demandait un effort surhumain. Et puis c’est la période des vacances, alors moi aussi je ralentis mon rythme. Puis vient l’automne. Et là,…
Pourquoi je tiens plusieurs journaux (et ce qu’ils m’apportent)
J’ai toujours tenu un journal. Enfin… plusieurs, en réalité. Parce qu’aucun ne suffit à contenir tout ce que je veux écrire. Il y a le journal intime, celui où je dépose mes émotions brutes, mes colères, mes élans de joie, mes contradictions. C’est un espace sans filtre, sans attente, un lieu où je peux être aussi vulnérable que nécessaire. Il y a le carnet d’idées, rempli de phrases griffonnées à la volée, d’images que je ne veux pas perdre, de fragments qui pourraient devenir un jour le cœur d’une histoire. Ce n’est pas organisé, ce n’est pas joli. Mais c’est vivant, et parfois une seule ligne suffit à rallumer…
Pourquoi Je ne Veux plus Donner de Conseils d’Écriture.
Simplement parce que je crois que je n’ai plus rien à dire sur “comment écrire”. Ou plutôt : je n’ai plus envie d’en dire. C’est étrange à admettre, parce que ce blog a longtemps été un endroit où je partageais mes petites méthodes, mes observations, mes astuces. Mais à force, ça tourne en rond. Toujours les mêmes questions, toujours les mêmes réponses, toujours la même impression d’écrire une notice Ikea de la création. Et je n’ai pas envie que mon écriture devienne ça : un manuel pratique sans vie. La vérité, c’est que je n’écris pas pour expliquer. J’écris pour comprendre. Pour comprendre pourquoi un personnage me hante. Pour…
Délicat: Et vous, vous faites quoi, à part écrire ?
La vie secrète des écrivains quand ils ne sont pas en train de noircir des pages Il y a des phrases qui reviennent comme un refrain, toujours un peu décalé, toujours un peu piquant. Des phrases simples, anodines en apparence, mais qui grattent doucement l’intérieur. Celle-ci en fait partie : « Et vous, vous faites quoi, à part écrire ? » On la reçoit souvent quand on dit qu’on est écrivain. Elle arrive après un blanc, un sourire poli, un petit temps de flottement. Parfois sincère, parfois condescendante, parfois juste maladroite. Mais elle est là. Et elle dit, sans le dire : Écrire, ce n’est pas vraiment un métier.…
La douleur de revenir à l’écriture après une longue pause
Ce n’est pas glorieux. C’est vital. Il n’y a pas eu de fracas. Pas de rideau qui tombe, pas de dernière phrase qui claque comme une fin de chapitre. L’écriture s’est simplement éloignée. Au début, on pense que ce n’est qu’une respiration. Une parenthèse. On continue de marcher dans la vie avec, dans un coin du crâne, la certitude qu’on va y revenir. Pas tout de suite, mais bientôt. Quand ce sera plus calme. Quand ce sera plus clair. Quand on ira mieux. Et puis les jours passent. Les semaines deviennent des mois. Et l’on découvre que l’écriture, elle, ne nous attend pas. Elle ne boude pas, elle ne…
Magique ! J’ai pleuré en ouvrant ce carton d’Amazon !
/ Je viens d’ouvrir le colis d’Amazon et je me retrouve là, avec ces merveilles dans mes mains. La réalisation de mon rêve de toujours. Toutes mes aspirations d’enfance se sont réalisées, et elles me regardent, et c’est absolument fantastique. J’ai travaillé si longtemps au manuscrit de ce roman. Il m’a demandé autant de travail sur moi-même qu’il m’a donné de satisfactions et d’évolutions dans ma carrière d’autrice comme dans ma vie personnelle. Je ne me lasse pas de le regarder, et quoi qu’il arrive, je sais déjà que ma vie vient de changer pour toujours. Et je n’ai plus ressenti d’émotion aussi forte depuis très, très longtemps. Écrire…
Fantastique ! Un chapitre par jour pendant une semaine…
… mon expérience et ce que j’en retiens. Il y a une semaine, si vous vous en souvenez, je me suis lancé un défi :écrire un chapitre par jour, pendant sept jours. Avec un plan béton, une discipline affûtée et une détermination à toute épreuve, j’étais prête à tout casser. Alors, mission accomplie ? Eh bien… c’est compliqué. Jour 1 – Euphorie et faux espoirs Lundi matin, café en main, j’attaque le premier chapitre avec la confiance d’un sprinter sur la ligne de départ. 3 000 mots, objectif atteint. Je me sens invincible. (Spoiler : ce sentiment ne va pas durer.) Jour 2 – Quand la vie décide de s’inviter J’avais prévu une belle…